Superficie: 64.69 km2
Population: 3 794 habitants
Gentillé: Jacobin, ine
Voies d'accès: Routes 341 et 158
Repères géographiques: Sur le versant gauche du bassin du Saint-Laurent, au sud-ouest de Joliette.
Diocèse: de Joliette
MRC: Municipalité régionale de comté de Montcalm
Région touristique: de Lanaudière. Carte 10.
Paroisse catholique: Saint-Jacques-de-l’Achigan
Toponymie: Saint-Jacques rappelle le souvenir de l’abbé Jacques Degeay (1717-1774)

Repères chronologiques :  
Arrivée des premiers colons, des Acadiens venus de Boston; ils nomment l’endroit Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie. 1770
Nomination du premier curé résidant. 1772
Ouverture des registres de la paroisse 1774
Érection canonique de la paroisse 1831
Constitution de la municipalité de la paroisse de Saint-Jacques-de-Saint-Sulpice 1845
Abolition de la municipalité de la paroisse de Saint-Jacques-de-Saint-Sulpice 1847
Constitution de la municipalité de Saint-Jacques-de-l’Achigan 1855
Début de la culture du tabac 1884
Incendie du couvent des Sœurs Sainte-Anne 1900 (4 avril)
Constitution de la municipalité du village de Saint-Jacques-de-l’Achigan par détachement de celle de la paroisse du même nom. 1912
La municipalité du village de Saint-Jacques-de-l’Achigan abrège son nom en Saint-Jacques 1917
La municipalité de la paroisse de Saint-Jacques-de-l’Achigan abrège son nom en Saint-Jacques 1920
Fusion des municipalités du village et de la paroisse 1998
Référence :
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Montréal, Stanké, 2001, 1861 pages.


S
AINT-JACQUES, UNE NOUVELLE ACADIE

"Chez nous, point de montagne, point de rivière, mais une paroisse isolée, loin des routes fluviales, loin même des voies ferrées... offrant l'aspect d'une immense terre docile".

Ainsi l'abbé Lanoue débute son livre Une Nouvelle Acadie, Saint-Jacques-de-l'Achigan.  Des tribus algonquines occupaient notre région voilà déjà bien des lunes.  Les derniers représentants de ce peuple auraient quitté le territoire vers 1850.  C'est dire que les premiers Acadiens rencontrèrent sûrement des familles amérindiennes lors des déplacements de l'un ou l'autre groupe.

Si nous remontons encore plus loin dans la préhistoire, nous saurons que nos municipalités étaient recouvertes, comme toute la plaine du Saint-Laurent, par la mer de Champlain.  Ceci explique les terres grises que nous connaissons si bien et leur grande fertilité ; il en est également de même des quantités considérables de pierres des champs, vestiges des dépôts des banquises.

Et les Acadiens ?  Le "Grand Dérangement" de 1755 disperse comme feuilles d'automne aux quatre coins de la nouvelle Amérique, des centaines de familles, des rives du Saint-Laurent jusqu'à la lointaine Louisiane, en passant par la Nouvelle-Angleterre.

Les prêtres de Saint-Sulpice s'intéressent en particulier à ce dernier groupe d'exilés.  Propriétaires d'une importante seigneurie, ils y accueilleront dès 1766 un groupe d'exilés venant de la Nouvelle-Angleterre.

Ainsi pris racine Saint-Jacques, Nouvelle Acadie.  De cet arbre, pousseront des rameaux qui ont su, chacun à leur façon, façonner notre région : Rawdon (1837), Sainte-Julienne (1848), Saint-Alexis (1851), Saint-Liguori (1852), une partie de l'Épiphanie (1854), Sainte-Marie-Salomé (1888) et une partie de Crabtree (1921).

Le 30 décembre 1912, une loi de la Législature divise la Municipalité pour en faire deux corporations autonomes : Saint-Jacques Paroisse ayant un territoire de 59,02 km2 et une population de 1 700 habitants et Saint-Jacques Village ayant une superficie de 5,67 km2 et comptant 2 380 habitants et pour ensuite les fusionner le 20 mai 1998 et en faire qu'une seule municipalité, la Municipalité de Saint-Jacques.  Venez les rencontrer, les Jacobins et Jacobines seront heureux de vous accueillir !

La Municipalité de Saint-Jacques coopère pour le mieux-être de ses citoyens. Plusieurs services sont offerts : Mairie et secrétariat, prévention des incendies, bibliothèque municipale Marcel-Dugas, l'église (qui mérite bien une visite pour sa splendeur et l'harmonie de ses lignes), l'école primaire, une école secondaire privée, un centre d'accueil pour personnes âgées, un HLM et tous les commerces offrant aux résidents tous les produits et services nécessaires.

Elle voit la majorité de ses habitants gérer des fermes prospères : nous y retrouvons quelques fermes laitières, de l'industrie porcine, de la culture maraîchère, l'élevage du vison, sans oublier les érablières comme revenu d'appoint.

De plus, nous trouvons l'usine Mailhot Hydraulique, laquelle est spécialisée dans la fabrication de cylindres télescopiques pour camions, de chargeuses hydrauliques pour tracteurs et excavatrices.  Cette industrie existe depuis 1957.

Enfin, la compagnie Sintra exploite une carrière qui débuta ses activités en 1963 ; à peine un mètre sous terre, gisent de profondes couches de calcaire.

Il convient enfin de mentionner que la compagnie Canron y exploite une usine fabriquant des produits de plastique aux formes les plus variées ; cette usine existe depuis 1948.

CEINTURES FLÉCHÉES

"Autrefois, les bourgeois du Nord-Ouest, les membres de la Compagnie de la Baie d'Hudson, les engagés pour la traite, les canotiers, les voyageurs et les patriotes portaient le costume national d'hiver comprenant le paletot en étoffe du pays, l'ample capuchon, la tuque bleue ou rouge et la ceinture fléchée autour des reins".

"Cette ceinture, à zigzag rouge, bleu, vert, jaune et blanc, est d'un bel effet décoratif, chef-d'oeuvre d'industrie domestique.  Les ouvrages... parus sur le sujet indiquent différentes origines probables : indienne, normande ou espagnole, anglaise ou acadienne".

"Nous optons pour l'origine normande.  Provenant selon nous, de Normandie, elle serait passée en Acadie, avec nos ancêtres.  D'après la tradition, on en tissait déjà, peu après l'arrivée des Acadiens à Saint-Jacques".

"Un agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson distribuait la laine aux tisseuses, de la "shetland" que les gens dénommaient "châtelaine" et veillait à la confection de ces ceintures, selon des modèles réguliers.  La ceinture fléchée requérait de la laine teinte que nos commerçants obtenaient d'Angleterre".  Ce commerce fût florissant jusque vers la fin du 19ième siècle.

"Nos tisseuses de ceintures fléchées ressemblaient aux ouvrières de Malines et d'Alençon, maniant de fines dentelles.  Elles se tenaient à la fenêtre et leur travail fixé à la targette et à un clou planté dans le plancher, elles maniaient de leurs dix doigts les diverses couleurs de laine qu'au préalable, elles avaient nuancées".

Les textes entre guillemets sont de l'abbé François Lanoue, le reste du texte est inspiré du même auteur.

François Lanoue, Une Nouvelle Acadie, Saint-Jacques-de-L'Achigan, 1772-1972.  1972.

 

 

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